Une vraie
maladie ?

Les électrohypersensibles ne sont
plus considérés comme des fous.
Le ministère de la Santé a reconnu
l'an dernier l'existence de cette
pathologie. Et demandé à l'hôpital
Cochin de mettre au point un
protocole de prise en charge et une
étude épidémiologique. « Les souf-
frances sont réelles. En revanche,
personne ne peut démontrer une
corrélation avec les ondes », sou-
ligne son responsable, le professeur
Choudat. Même constat en
Belgique, où une étude a égale-
ment été menée sur une centaine
d'électrosensibles. « Sur les ondes
générées par les lignes à haute ten-
sion, il semble qu'il y ait une corré-
lation, très faible, mais réelle, avec
une recrudescence des leucémies
chez l'enfant. En revanche, rien n'a
été démontré sur les ondes des
GSM et wi-fi », dit Luc Vershaeve,
du BBEMG. Dans ce flou scientifique,
des médecins cependant ont pris
position pour appliquer le principe
de précaution. C'est le cas du
professeur Belpomme de l'Artac
(Association de Recherche théra-
peutique anticancéreuse), qui a ou-
vert une consultation spécialisée sur
le sujet : « Cinq cents patients sont
venus me voir en un an ! C'est une
base importante qui nous a permis
d'analyser cliniquement les symp-
tômes du syndrome d'intolérance
aux champs électromagnétiques.
L'encéphaloscan est un examen
performant: on trouve quasiment
à chaque fois une altération de la
zone limbique du cerveau, l'un des
symptômes qu'on trouve dans la
maladie d'Alzheimer. Beaucoup
moins grave car elle est réversible. »
En revanche, le professeur
Belpomme n'a toujours pas trouvé
la raison pour laquelle certains
développent cette pathologie et
d'autres non. « Il y a certainement
un facteur génétique. L'exposition
environnementale joue aussi. La
plupart des EHS que j'ai vus ont été
à un moment très exposés. Leurs
symptômes s'aggravent progressi-
vement avec un abaissement du
seuil de tolérance. » D. B.

18-24 NOVEMBRE 2010 0 103

