[SCIENCES]

LE POINT SUR...

L'identifcation des neurones
de la peur

Tout comme la douleur, le sentiment de
peur est une sorte de signal d'alarme
très utile, dans la mesure où le cerveau,
aussitôt mobilisé, va dicter dans l'urgence le
comportement le plus pertinent pour éviter le
danger. La peur constitue même «une réponse
adaptative essentielle à la survie de nombreuses
espèces», dit Cyril Herry
(unité Inserm 862, à
Bordeaux), qui vient de
participer au décryptage
des circuits neuronaux
impliqués, en collabora-
tion avec des équipes
suisses et allemandes.
Grâce à ses travaux,
publiés le 11 novembre
dans «Nature», les deux
circuits principaux du
mécanisme de la peur
ont été identifiés pour la
première fois, et localisés
dans une région précise
du cerveau, en avant de
l'hippocampe : le noyau
central de l'amygdale.

Les expériences ont été menées sur des
souris, auxquelles on a inculqué un appren-
tissage simple : un stimulus sonore annon-
çant l'arrivée imminente d'un événement
désagréable — en l'occurrence, un «choc élec-
trique léger » appliqué aux pattes de l'animal.

En même temps, on a enregistré en temps réel
l'activité des neurones.
A la réception du signal de peur, le cerveau,
explique Cyril Herry, « induit l'un ou l'autre de
ces deux comportements : l'immobilisation, ou
la fuite». Dans le cas présent, les souris adop-
tent la première attitude : l'immobilisation, dite
«freezing». Mais l'impor-
tant est que les cher-
cheurs ont pu — en les
désactivant tour à tour —
discerner dans l'amyg-
dale deux régions cru-
ciales : l'une permet
l'association entre le
signal sonore et l'« événe-
ment désagréable»; l'au-
tre s'avère indispensable
à la manifestation com-
portementale des ré-
ponses de peur.

Transposés à l'espèce
humaine, ces résultats
pourraient un jour contri-
buer au soulagement de
nombreux patients : ceux souffrant de troubles
anxieux, ou du syndrome dit de stress post-
traumatique. En effet, «une manipulation sé-
lective des circuits neuronaux » permettrait de
réguler les manifestations de certaines peurs
pathologiques, qui n'ont pas lieu d'être.
Fabien Gruhier

Jim Dowdalls - BSIP

LA DÉCOUVERTE
L'antique importance du port
de Narbonne

Menées au cours de l'été 2010, des fouilles
archéologiques de grande ampleur sont ve-
nues confirmer le rôle très important du port an-
tique de Narbonne — qui, durant l'Empire romain,
fut le plus important de la Méditerranée, juste derrière Ostie. Sur les sites de Port-la-
Nautique et du Castelou — aujourdhui englués dans des marécages —, d'étonnants vestiges
ont été mis au jour. Dont les ancrages d'une puissante machine élévatrice (grue ou palan).
Et un canal long d'une soixantaine de mètres, aboutissant à de vastes entrepôts de dolia —
des citernes en argile destinées au stockage des vins. De plus, on a constaté que les
Narbonnais n'ont pas lésiné sur les moyens pour préserver l'activité de leur port jusque
dans l'Antiquité tardive : de vastes blocs de pierres ornées, empruntés à des monuments
gallo-romains, ont été réemployés à la consolidation des chaussées et des quais.

116 0 LE NOUVEL OBSERVATEUR

C. Sanchez, CNRS

Des cellules « mar-
quées » aux nanopar-
ticules

La « vaccinothérapie antitu-
morale » consiste à injecter
des cellules immunitaires,
capables de détruire les cel-
lules cancéreuses. Le pro-
blème est de s'assurer
qu'elles atteignent bien leur
cible.Au Clara (Cancéro-
pôle Lyon Auvergne Rhône-
Alpes), on teste sur la
souris une technique de
marquage de ces cellules
tueuses :« tatouées » par
des nanoparticules de gado-
linium, elles peuvent alors
être suivies sous IRM.

Des galaxies de
10 milliards d'années-
lumière

Grâce à l'observatoire spa-
tial de l'ESA, on a déterminé
la distance (donc l'âge) de
cinq galaxies très lointaines.
Résultat: 10 milliards d'an-
nées-lumière — le temps que
leur lumière a mis pour
nous parvenir. Bien sûr, nul
ne peut dire à quoi elles res-
semblent aujourd'hui...

L'histoire du bacille
de la peste entière-
ment décryptée

Par analyse d'environ
300 souches du bacille de la
peste, une équipe du CNRS
et du Muséum national
d'Histoire naturelle a re-
constitué l'histoire de ce
fléau : la peste est apparue
en Chine il y a environ
2 600 ans. Elle a essaimé
vers l'Europe le long de la
route de la Soie, puis vers
l'Afrique et, plus tardive
ment, vers l'Amérique du
Nord et Madagascar à la fin
du XIX° siècle.

IRAM

