EN HAUSSE

DR

Ferrari en Algérie

Autrefois engagé dans
le mouvement nationa-
liste corse, découvert
l'année dernière avec
«Un dieu un animal»,
Jérôme Ferrari re-
trouve ses obsessions
dans «Où j'ai laissé
mon âme» (Actes Sud, 17 euros). La perte de
l'identité et la folie meurtrière y ont pour
théâtre les geôles d'une ville d'Algérie où,
pendant trois journées de 1957, les services
de renseignement tentent de mettre fin aux
attentats terroristes. C'est là que se retrou-
vent le capitaine Degorce et le lieutenant
Andreani, treize ans après leur captivité com-
mune en Indochine. Anciennes victimes,
désormais bourreaux, ils séquestrent le chef
de la rébellion, mais rien ne subsiste de leur
fraternité passée. Avec une écriture ardente
et solennelle, ce monologue quasi mystique
déplore les failles de l'héroïsme et l'impuis-
sance de la morale en invoquant désespéré-
ment l'âme humaine. Si tant est qu'elle existe.
Camille Tenneson

EN BAISSE

C. Hélie Gallimard

Bello au point mort

L'intrigue est alléchante.
Un détective atteint
d'amnésie à la suite d'un
accident est chargé de
l'« Enquête sur la dispari-
tion d'Emilie Brunet»
(Gallimard, 17,50 euros).
Son handicap l'oblige à
consigner chaque jour dans un cahier ses
conjectures sous peine de les avoir oubliées le
lendemain. Le principal suspect, Claude
Brunet, anmésique lui aussi après avoir été
passé à tabac dans le commissariat où il était
venu déclarer la disparition de sa femme, est
mis en examen. S'ensuit un jeu de dupes
entre les deux hommes. Mais assez vite le
systématisme des références à Agatha
Christie enlise dans une exégèse fastidieuse
ce qui aurait pu être une ingénieuse méca-
nique littéraire. Dans un entretien, Antoine
Bello avait dit de Sarkozy : « On arrivait au
point où son style risquait de compromettre
ses chances de succès. » Il semblerait qu'il ait
lui-même atteint ce point de non-retour.
Véronique Cassarin-Grand

18-24 NOVEMBRE 2010 0 123

