François Guillot-AFP

Le grand prix de
l'Académie française

Japonisant

Nagasaki, par Eric Faye, Stock, 120 p., 13 euros

Eric Faye méritait depuis longtemps
un grand prix littéraire. Il a fallu,
comme souvent, qu'il publie son
moins bon livre pour que
l'Académie le couvre d'honneurs
justifiés par ailleurs. L'action se situe dans le
Japon d'aujourd'hui. Le narrateur, un météo-
rologue célibataire d'une cin-
quantaine d'années qui réside
à Nagasaki, a un jour l'impres-
sion de vivre le jeu des sept er-
reurs en ouvrant son frigo : il
ne retrouve pas les mêmes
denrées qu'il avait laissées la
veille, et le niveau du jus
d'orange a baissé dans la bou-
teille. Soupçonneux, notre ma-
niaco-répressif installe une webcam et part à
son bureau C'est de son poste de travail qu'il
aperçoit un matin une silhouette dans sa cui-
sine. Féminine, pas bien jeune, moyennement
séduisante, mais, dans la vie du vieux garçon,
c'est la révolution.

Il appelle la police. Qui surprend en effet, à
son domicile, une chômeuse longue durée, la-
quelle s'est installée, à l'insu du propriétaire,
dans une des pièces, rarement visitées, de sa
maison. Et y a même passé plus d'un an sans
qu'il ne soupçonne sa présence, à quelques
mètres de lui. Le livre, on le voit, démarre fort.
Il est moins convaincant sur la durée. On
saute d'un point de vue à l'autre — c'est main-
tenant dans la tête de la sans-emploi que le ro-
mancier tente de s'installer. Elle obtient la
clémence du juge, le plaignant se gardant de
trop accabler la campeuse. La voici tout de
même en taule. Puis elle écrit une lettre au mé-
téorologue. Le roman s'achève sur ce mot de
l'auteur: «Février 2009 - avril 2010».
L'opération n'aura donc pas pris trop de temps.

Déception? Pour donner du corps à ce
fabuleux fait divers, Eric Faye brode, en effet,
sans que les personnages y gagnent beau-
coup de chair. «La nuit est passée sans rien
entamer de ma perplexité devant la baisse de
niveau de jus de fluit, écrit Faye. Au matin,
mon esprit tatillon s'est employé à rassembler
les pièces du puzzle. Dans ces moments-là, le
cerveau enquête, reconstitue, recoupe, déduit,
décompose, juxtapose, suppose, suppute, soup-
çonne. » Vraiment, pas un mot de trop ?

DIDIER JACOB

Laurent Joffrin
se met au polar :
un coup d'éclat!

«Un roman historique passionnant. Il faut le lire.»

Bernard Géniès, Le Nouvel Observateur

«Une intrigue politique et passionnelle comme fil
rouge à une enquête criminelle au tournant de la fureur
révolutionnaire.»

Pascal Simon, Ouest-France

« La description du
Paris de 1800 est un
régal. Un grand talent.»

Stéphane Bem,
«Le fou du Roi», France inter

«La promenade est un
enchantement.»

Gilles Martin-Chauffier,
Paris Match

Robert Laffont

