ARTS-SPECTACLES

(propriétaire des lieux, il souhaite
récupérer ces derniers) à la so-
ciété Toit de la Grande Arche qui
y exploite un Musée de l'Infor-
matique, un Musée du Jeu vidéo
et un restaurant gastronomique.
Pour Francis Bouvier, président
de cet organisme, «on prive les
visiteurs de l'accès à la plus belle
terrasse de Paris, d'une surface de
près de 10 000 mètres carrés. Ce
sont aussi 50 salariés qui sont sur
le carreau». Un véritable gâchis
pour ce toit couvrant une arche
dont on disait qu'elle était celle de
la fraternité.

La Bibliothèque
nationale
de France

En 1995

Inaugurée le 30 mars 1995, celle
que l'on a appelé la TGB («Très
Grande Bibliothèque») est née
au milieu des querelles. Le projet
du jeune architecte Dominique
Perrault et son implantation sur
un site ouvert à tous les vents
suscitent des interrogations. La
césure chronologique des collec-
tions (appelées à être partagées entre le site de
la rue Richelieu et cette nouvelle bibliothèque)
suscite des débats houleux. Finalement, au
lieu des 4 millions de volumes initialement
prévus, ce sont 12 millions qui prendront le
chemin du site de Tolbiac. Autre débat : faut-
il réserver ces nouveaux lieux aux seuls cher-
cheurs ou bien prévoir aussi une bibliothèque
ouverte au public, à l'image de celle de la BPI
du Centre Georges-Pompidou? Décision est
prise de concilier les deux. Une erreur, selon
Jack Lang.

En 2010

Mécontentement des salariés et des usagers,
incidents techniques à répétition : le démar-
rage de cette BnF a été laborieux obligeant ses
concepteurs à intervenir sur les équipements et
les bâtiments dont la facture énergétique est
égale à celle d'une ville de 20 O00 habitants. En
2009, 329 557 chercheurs ont travaillé dans les
espaces qui leur sont réservés au rez-de-jardin
(+2,3% par rapport à 2008 pour les 10 pre-
miers mois de 2010) tandis que la fréquenta-
tion du haut-de-jardin (pour le public) s'élevait
à 548 567 (—0,4% par rapport à 2008). Le site
François-Mitterrand enregistre en moyenne
plus de 120 000 entrées par mois. Actuel-
lement, l'exposition de photos de Raymond
Depardon reçoit 10 000 visiteurs par semaine.

138 0 LE NOUVEL OBSERVATEUR

La BnF enregistre plus de 120 000 entrées par mois.

L'œuvre de Buren a été classée monument historique.

En mars 2011, une expo va encore faire du
bruit : elle sera consacrée au célébrissime
artiste américain Richard Prince.

L'opéra-Bastille a retrouvé son aspect d'origine en 2010.

Stevens Frederic/Sipa

L'opéra-Bastille

En 1989

Ce n'est pas un opéra, c'est un
feuilleton! Tout commence lors
du concours international d'ar-
chitecture ouvert en 1983.
Croyant reconnaître le coup de
crayon de l'architecte américain
Richard Meier, les jurés donnent
en fait leurs voix au projet de l'ar-
chitecte uruguayen Carlos Ott.
Inauguré le 13 juillet 1989, jour
du deux centième anniversaire de
la prise de la Bastille, cet Opéra
connaît des débuts chaotiques,
dus notamment aux dysfonction-
nements de sa machinerie scé-
nique. Cerise sur le gâteau : la
façade du bâtiment se dégrade et
l'on doit installer des filets de
sécurité. Après des années d'ex-
pertise, de contre-expertise et de
batailles judiciaires, le bâtiment a
fini par retrouver, depuis janvier
2010, son aspect d'origine.

Agostino Pacciani

En 2010

Tous contents? Pas si sûr. Alors
que certains habitués des lieux,
comme Jack Lang, trouvent
l'acoustique de la salle « excel-
lente», d'autres l'estiment au contraire « mé-
diocre », ajoutant que la qualité des sièges est
«atroce» (lombalgie assurée) tandis que son
éclairage est «digne d'un institut medico-
légal». Quoi qu'il en soit, le public afflue. Pour
l'année 2009, l'Opéra-Bastille a connu un taux
de remplissage record de 94%, soit 469 378
spectateurs. Dix-huit productions y ont été pré-
sentées : 15 lyriques (dont 6 nouvelles) et
3 chorégraphiques (dont 1 nouvelle). Pour
2010, le budget de l'Opéra national de Paris
(réunissant Bastille et Garnier) s'élève à
190 millions d'euros, son chiffre d'affaires
étant de 54 millions d'euros, soit une progres-
sion de 10% par rapport à celui de la saison
2008-2009.

Christophe Lehenaff/Photononstop/AFP

Les colonnes
de Buren

En 1986

Le 25 juillet 1985, au moment de se prononcer
pour la commande publique de la cour d'hon-
neur du Palais-Royal, François Mitterrand doit
choisir entre trois projets : «Il faut prendre le
plus intelligent, n'est-ce pas ? Il faut prendre
Daniel Buren. » Quatre mois plus tard, l'offen-
sive des défenseurs du patrimoine débute. Pas
question de toucher à cette cour prestigieuse

