EN COUVERTURE

Plus de 6 millions de vols et de violences. C'est le
nombre d'atteintes que disent avoir subies les Français l'an
dernier, selon l'enquête nationale de victimation menée
par l'lnsee et l'Observatoire national de la Délinquance,
dont les principales conclusions sont publiées en exclusivité
par « le Nouvel Observateur»

A première vue, les chiffres plai-
dent en sa faveur. Quand Nicolas
Sarkozy devient le premier flic
de France, en 2002, il y a en
moyenne dans l'Hexagone très
précisément 69,32 faits de délinquance recen-
sés par les forces de l'ordre pour 1 000 habi-
tants. Sept ans plus tard, en 2009, le taux de
délinquance dans le pays est redescendu à

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56,39. Il faudrait remonter à 1988, la première
année du deuxième mandat de François
Mitterrand, pour trouver meilleure perfor-
mance. Exprimé par ce seul taux global, le
sarkozysme policier semble donc couronné de
succès. Et pourtant, comme l'indique l'en-
quête nationale de victimation, publiée par
«le Nouvel Observateur» (Voir p 18), le sen-
timent d'insécurité repart à la hausse.

Toujours plus d'agressions

C'est le gros point noir du bilan Sarkozy :
l'augmentation continue de la violence.
Depuis 1996, le nombre des atteintes à l'inté-
grité physique des personnes a doublé. Et, sur
le terrain, les flics semblent impuissants à in-
verser la tendance. Un mouvement de fond de
la société moderne ? Pas si sûr. Les agressions
en tout genre refluent en Allemagne et au
Royaume-Uni ces dernières années. Aux
Etats-Unis, ce genre de délinquance est en
baisse depuis douze ans. «Les Américains ne
comptabilisent que les coups et blessures
graves, ce qui leur permet d'afficher un taux
plus bas», relève-t-on au ministère de
l'Intérieur où l'on s'estime déjà satisfait de
voir les violences aux personnes n'augmenter
que de 1% ces douze derniers mois.

La politique du résultat s'essouffle

Pilier du sarkozysme policier, la «culture
du résultat» a profondément bouleversé le
métier. Pratiquement elle consiste à mesurer
toute l'action des forces de l'ordre à l'aide de
statistiques notamment sur le nombre d'inter-

Jose Nicolas-Gerrycom

