Demarthon-AFP

[TÉLÉPHONE ROUGE]

MATTHIEU CROISSANDEAU ET LES SERVICES POLITIQUES DU « NOUVEL OBSERVATEUR »

Le clan des
chiraquiens

Prémonition du minis-
tre de l'Agriculture
Bruno Le Maire
quelques jours avant le
remaniement : «J'ai tou-
jours pensé que Nicolas
Sarkozy finirait en-
touré de chiraquiens ! »
Dans la bouche de l'ex-
dircab de Dominique
de Villepin, c'est évi-
demment un compli-
ment. En privé, Le
Maire ne cache pas le
peu de considération
qu'il a pour certains
sarkozystes historiques
comme Christian Estrosi,
finalement débarqué du
gouvernement, ou Nadine
Morano.

Le Maire dans
l'habit d'Harlequin

Le même Bruno Le Maire
vient de publier son troisième
ouvrage, un essai intitulé
«Sans mémoire, le présent se
vide». Eclectique, cet ancien
normalien a déjà écrit par le
passé un récit, un roman à clé,
mais aussi un roman à l'eau
de rose! Quand il était étudiant,
il avait ainsi rédigé sous pseu-
donyme un opus des célèbres
Editions Harlequin, mettant en
scène une infirmière amoureuse.
Un travail de commande rému-
néré 15 000 francs.

Rama Yade
est innocente

Rama Yade a cru jusqu'au bout qu'elle resterait au
gouvernement. L'avant-veille du remaniement, c'est un
ministre proche de Nicolas Sarkozy qui lui a fait com-
prendre que son avenir ministériel était très compro-
mis. Devant l'étonnement de la secrétaire d'Etat aux
Sports, ce dernier s'est même senti obligé de dresser
la liste des audaces ou des provocations qui étaient
restées en travers de la gorge du président de la
République et du Premier ministre depuis 2007.

60 0 LE NOUVEL OBSEIWÂTEUR

La grande trouille de Wauquiez

Laurent Wauquiez a passé, lui aussi, un dimanche
épouvantable près de son téléphone. En fin d'après-
midi, le secrétaire d'Etat à l'Emploi ne savait toujours
pas à quoi s'attendre. Le benjamin du gouvernement
a finalement été nommé ministre des Affaires euro-
péennes, mais «quelque chose s'est cassé entre lui et
Nicolas Sarkozy », témoigne un proche du président.

Bockel martyrisé,
Bockel libéré...

Amer de ne pas rester au gouvernement, le secrétaire
d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel est en revanche
soulagé de ne plus avoir à travailler sous la tutelle
étouffante de Michèle Alliot-Marie: «Personne n'a ja-
mais été maltraité comme je l'ai été, confiait-il en privé,
peu avant le remaniement. Pendant tout le temps que
j étais ici, je me suis senti comme un prisonnier à faire
des croix sur le mur en attendant que ça passe... »

Fillon : un calibre
et un silencieux

François Bayrou ne cache pas son estime pour
François Fillon, avec qui il a partagé un combat,
celui des «rénovateurs » de la droite il y a vingt ans.
Le député des Pyrénées-Atlantiques considère que
le Premier ministre a «le calibre d'un homme d'État »
et apprécie sa discrétion. Le président du MoDem, qui
rencontre régulièrement Sarkozy et Fillon, a en effet pu
constater que si le premier se débrouillait toujours
pour le faire savoir, ce n'était pas le cas du second.

Bureau-AFP

LES MOTS
DE LA SEMAINE

Coutier-« le Nouvel Obs »-Sipa

Eva joly

«J'ai le handicap d'être
une femme, d'avoir 66 ans
et d'avoir un accent très
fort. [...] Mon action
est anti-discrimination
femme ménopausée»,
n'a pas craint de déclarer
l'eurodéputée au journal
«le Progrès», qui
l'interrogeait sur ses
«handicaps» à propos de
sa candidature en 2012.

Vucci-AP/Sipa

Dominique
Strauss-Kahn

«Les statuts du FMI ne
m'interdisent pas de dire
des tas de choses, et pour-
tant je ne les dis pas.
Ils ne m'interdisent pas
de dire que j'adore les
pâtes à la sauce tomate,
et pourtant je ne vous le
dis pas», a éludé le patron
du FMI sur France-Inter,
où on l'interrogeait sur ses
intentions présidentielles.

Pol Emile-Sipa

Pierre Moscovici
«Faire des promesses que
l'on sait ne pas pouvoir
tenir, ce n'est pas aider
la gauche à réussir, c'est
préparer son échec»,
a dégainé le député PS
du Doubs sur son blog
à propos du texte sur
l'« égalité réelle». Il refuse
que «ceux qui osent
plaider pour la crédibilité »
soient accusés d'être «des
droitiers ou des adver-
saires de l'unité, bref,
des ennemis du Parti».

