Dimanche 14 novembre,
20h15, sur le perron de l'Elysée,
Claude Guéant annonce la composition
du nouveau gouvemement

doute possible : Fillon, reconduit pour la troi-
sième fois à Matignon par le chef de l'Etat, est
désormais l'homme fort de la droite. Après
l'« hyperprésident », place à l'«hyper-Premier
ministre» ? On n'en est certes pas là. Hormis
son amie Roselyne Bachelot, qu'il a sauvée,
Fillon n'a pas imposé grand monde dans ce
nouveau gouvernement. Et Nicolas Sarkozy,

« Garderez-vous cette équipe jusqu'à la fin de votre man-
dat ? » ont demandé les journalistes au chef de l'Etat lors de son
intervention télévisée, mardi soir. « Oui, sauf imprévu », a ré-
pondu Nicolas Sarkozy, ajoutant : «Quand vous dirigez la
France, parfois il y a des imprévus. » Quelques minutes plus tôt,
il avait expliqué à propos du débat sur l'identité nationale :
« Dans la vie il faut être pragmatique. Quand quelque chose
n'est pas compris, il faut prendre une autre voie. »

qui intervenait dès mardi à la télévision et
mercredi devant les parlementaires UMP
conviés à l'Elysée, n'a pas dit son dernier mot.

Mais le bilan de cette incroyable séquence
de huit mois est déjà lourd. 1) Une image plus
abîmée que jamais. Jusqu'ici, même au plus
bas de sa popularité, Sarkozy (le sans-gêne,
l'ami des riches, etc.) conservait aux yeux des

Français l'image d'un homme fort. Haï peut-
être, mais fort. Dans l'inconscient collectif, il
demeurait celui qui «en a». Aujourd'hui, c'est
celle du «faux dur» qui risque de prévaloir.
Ennuyeux à dix-huit mois de la présiden-
tielle. 2) Une opinion lassée au dernier degré
de ces petits jeux politiciens dans lesquels
Sarkozy s'est englué depuis le printemps

18-24 NOVEMBRE 2010 0 65

Isore-Aperçu Presse
