POLITIQUE

the right place. Et,
campagne prési-
dentielle de 2012
oblige, des poli-
tiques. D'où l'en-
trée du poids lourd
Alain Juppé ou la
promotion de François Baroin, d'où en-
core l'entrée comme secrétaire d'Etat aux
PME, au Commerce et à l'Artisanat de
Frédéric Lefebvre, l'un de ses plus an-
ciens collaborateurs, longtemps son spé-
cialiste des relations avec le Parlement.
Un fidèle, celui-là, tout comme Brice
Hortefeux, finalement maintenu place
Beauvau.

Pendant quelques jours, notamment
sous la pression d'Edouard Balladur, qui
est revenu une dernière fois à la charge di-
manche matin pour tenter de le dissuader
de pousser Jean-François Copé à l'UMP,
Nicolas Sarkozy a hésité. Ne fallait-il pas

SARKOZY S'ÉTAIT
CONVAINCU QUE COPÉ
N'AURAIT D'AUTRE
CHOIX QUE CELUI DE
LA LOYAUTÉ. AU MOINS
JUSQU'EN 2012.

plutôt, comme le lui recommandait son
mentor, propulser Hortefeux à la tête du
parti majoritaire et nommer Copé au gou-
vernement? Face à la résolution inébran-
lable du député-maire de Meaux et à son
refus d'accepter le ministère de l'Intérieur,
Sarkozy s'est vite fait une raison. Il s'était
convaincu depuis quelque temps déjà que
Copé, en raison de ses ambitions futures
à droite, n'aurait d'autre choix que celui
de la loyauté. Au moins jusqu'en 2012. Va
donc pour Copé à l'UMP, le meilleur pour
ce poste. D'autant plus que Fillon y était
hostile... Ces deux-là se neutraliseront.
Manière pour Sarko de montrer qu'il
garde la main et n'a pas tout cédé à son
Premier ministre.

Juppé, Alliot-Marie, Baroin, Copé...
C'est aussi le retour à la case RPR, sa fa-
mille, pour un gouvernement de combat.
Au prix cependant de nombreuses inco-
hérences comme le rattachement de
l'Aménagement du territoire au ministère
de l'Agriculture plutôt qu'à celui de la
Ville, par exemple. Uniquement préoc-
cupé par le vote des agriculteurs, qu'il
veut reconquérir, Sarkozy oublie manifes-
tement que la France de 2010 est devenue
un pays urbain...

68 0 LE NOUVEL OBSERVATEUR

Copé : ascension par la face UMP

Cette fois, il a gagné parce qu'il a su
dire non jusqu'au bout. Qu'on aime
ou non Jean-François Copé, il faut
admettre que l'encore président des députés
UMP sait ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas.
Ce qu'il veut, ce qu'il voulait : devenir secré-
taire général de l'UMP. Ce qu'il ne veut pas,
ne voulait pas: être nommé ministre. Une
première fois, Nicolas Sarkozy a
tenté de l'appâter, à la fin de l'été,
en lui proposant Bercy. Premier
niet. Le week-end dernier, le
président de la République est
revenu à la charge. A nouveau
avec une offre appétissante: le
ministère de l'Intérieur. Second
niet. Du coup, en début de se-
maine, l'Elysée a jeté l'éponge:
oui, Jean-François Copé allait devenir secré-
taire général de l'UMP.

Son OPA sur la formation majoritaire ne
plaisait pourtant pas au nouvel homme fort
de la droite, François Fillon. C'est lui qui a
suggéré à Sarkozy un échange standard
entre Copé et Hortefeux : le second aurait
quitté la Place-Beauvau pour diriger l'UMP
pendant que le premier aurait renoncé à
l'UMP pour occuper la Place-Beauvau. «Je
ne vais pas faire cette joie à Fillon », a expli-
qué Copé à ses proches. Les yeux rivés sur

la présidentielle de 2017, il a longtemps
cru que son principal rival était Xavier
Bertrand, désormais ministre du Travail et
de la Santé. Avant de prendre conscience
qu'il y avait beaucoup, beaucoup plus
dangereux : Fillon, qui en trois ans est passé
du statut d'infra-Premier ministre à celui de
présidentiable.

A coup sûr, Sarkozy n'est
pas mécontent d'avoir placé à
la tête du gouvernement et de
l'UMP deux hommes qui se re-
gardent en chiens de faïence.

Pour Copé, les difficultés
commencent. Première épreuve :
sa succession à la tête du
groupe UMP. Devant la grogne
des centristes consécutive à la
formation du gouvernement, l'Elysée vou-
drait voir élu Jean Leonetti, le premier vice-
président, membre du Parti radical présidé
par Jean-Louis Borloo. Problème: Copé est
proche de Leonetti, mais encore plus proche
de l'autre candidat en lice, Christian Jacob,
chiraquien bon teint comme lui. Le futur se-
crétaire général de l'UMP va-t-il lâcher son
ami Jacob au risque de se voir désavoué par
les députés UMP ? Et si Copé regrettait,
prochainement, d'avoir choisi l'UMP plutôt
que le gouvernement? H. A.

Muller-AFP

L'ombre de Jack Lang

comme à la parade! Cette opération-
là se déroule à bas bruit dans un jeu
de chaises musicales parfaitement
maîtrisé. Le 27 septembre, Jean-Paul
Delevoye, ancien ministre et député UMP, a
été nommé au Conseil économique, social et
environnemental, alors qu'il ne demandait
qu'une seule chose : rester à son poste de
médiateur de la République. Il devrait rem-
placer à la présidence de cette assemblée
consultative, censée représenter « les forces
vives» du pays, Jacques Dermagne, qui,
pour solde de tout compte, vient d'être élevé
à la dignité de grand-croix dans l'Ordre na-
tional du Mérite.

Dimanche enfin, Jeannette Bougrab, la pré-
sidente de la Halde, chargée de la lutte
contre les discriminations, est devenue se-
crétaire d'Etat chargé de la Jeunesse et de
la Vie associative. Cette ex-secrétaire natio-
nale de l'UMP était pourtant en place de-
puis moins de sept mois. Mais ce poste là, il

fallait aussi le libérer.
Le but de ces grandes
manœuvres ?
Installer ce défenseur
des droits, créé par la
réforme constitutionnelle de 2008, qui doit
concentrer entre ses mains les prérogatives
du médiateur, de la Halde et du défenseur
des enfants. Dominique Versini, qui préside
cette dernière institution, a rendu, lundi,
son rapport annuel tout en s'inquiétant de
sa prochaine disparition. Ce combat-là est
toutefois perdu d'avance. Le défenseur des
droits doit être prochainement nommé pour
six ans par le président de la République. Et
c'est sans doute là l'essentiel : qui pour ce
poste ? Il a été imaginé par Jack Lang qui se
verrait donc volontiers à sa tête. Le nom de
Bernard Kouchner a été aussi cité. Et si feu
l'ouverture ne se réduisait plus désormais
qu'à des fonctions non gouvernementales
pour de vieilles gloires de la gauche ? F. B.

Horvat-AFP

