Fecht-General Motors/AFP

conseillé le gouvernement sur la restructura-
tion de GM et Chrysler, «les Américains sont
toujours fiers des belles victoires. Autant ils ne
pardonnent pas l'échec, autant ils sont rapides
à reconnaître le succès, quand les choses se pas-
sent bien. »

Tout de même... «Si l'on avait dit en
2009 : “Le gouvernement restructure GM,
en devient propriétaire parce qu'il n'y a pas
d'autre solution à court terme, on sauve des
millions d'emplois et l'Etat s'engage dans un
an à revendre une partie du capital avec 20%
ou 30% de perte”, tout le monde aurait ré-
pondu : “Si vous y arrivez, c'est extraordi-
naire, c'est exactement ce qu'il faut faire”. Eh
bien, c'est ce qu'ils ont fait», souligne
Mosquet. Avec l'introduction en Bourse, ce
mois-ci, la part de l'Etat dans le capital pas-
sera de 61% à 43% et au cours d'introduc-
tion prévu (entre 26 et 29 dollars), cela
représentera effectivement une perte d'envi-
ron un tiers sur la part du capital que vendra
l'Etat. Mais le reste des actions risque de
s'apprécier et, au final, Guy LeBas, stratège
de la firme Janney Capital Markets, estime
que le gouvernement a une chance sur deux
de récupérer la totalité de sa mise dans GM,

« UNE BANDE D'INGÉNIEURS,
DU MIDDLE WEST VONT
SIMPLEMENT BATTRE TOUS
LES FABRICANTS DE LA
PLANÈTE »

soit près de 50 milliards de dollars. «Il est
déjà probable, vu la valorisation en Bourse de
General Motors, que le gouvernement récupé-
rera la majorité de sa mise», ajoute-t-il, dé-
crivant de facto l'une des plus belles success
stories de l'administration Obama.

«je suis absolument confiant dans le fait que
GM peut se redresser, avait annoncé Barack
Obama en mars 2009, à condition de se re-
structurer de fond en comble. » Ce qui a été fait.
Sur huit marques du groupe, trois marques
ont été liquidées (Hummer, Pontiac, Saturn)
et une revendue (Saab). Les dettes ont été ef-
facées, les charges de retraite allégées en
échange d'une participation des syndicats
au capital. Le coût salarial horaire est passé
de 72 à 49 dollars, avec une tranche infé-
rieure aux alentours de 36 dollars. « GM est
devenue suffisamment flexible, post-restructu-
ration, pour être concurrentielle avec Ford en
termes de structure de coût», estime Guy
LeBas. En fait, c'est toute la culture qui a
muté. «Ils viennent d'une situation dans la-
quelle les coûts et les volumes de production
étaient considérés comme fixes, explique

18-24 NOVEMBRE 2010 O 91

